La bonne friandise

Qu’est-ce qu’une “bonne friandise” ?
Il n’y a pas une mais plusieurs réponses à cette question. Les humains que j’accompagne en éducation canine ont tous cette interrogation.
Dans mes explications, je vais me concentrer sur l’usage de la friandise comme récompense en éducation. La mastication a une fonction différente, plutôt liée à l’occupation et à l’apaisement, et ce n’est pas l’objet de ces quelques lignes. En revanche, elle compte dans l’apport total de la journée, nous y reviendrons.

 A chacun ses goûts !

Cela peut sembler évident, mais il est utile de rappeler que tous les chiens n’ont pas les mêmes goûts. Il est donc important de découvrir quels aliments votre chien préfère. Depuis mon installation en tant que comportementaliste et éducatrice canine en 2007, j’ai rencontré 3 chiens qui refusaient de manger des knacks, une chienne qui préférait la compote de pomme fraise à la découverte de l’humain disparu lors de nos entrainements en mantrailing, une chienne que j’ai pu approché uniquement grâce à de la madeleine, un chien prêt à tout pour une branche de céleri (validé par son vétérinaire), etc. J’ai choisi les anecdotes les plus marquantes de ma carrière, je pourrais rajouter, le saumon des lendemains de fêtes, le saucisson italien (parce que le chien refusait le premier prix…),  les croutes de pizza ou la brioche tressée…

Dans certains cas, l’expression “aux grands maux les grands moyens” devient très concrète. Lorsqu’il y a une vraie difficulté, on choisit parfois des récompenses particulièrement savoureuses.

Vous l’aurez compris, la meilleure friandise est celle que votre chien aime. Tout simplement. Bien sûr, on bannit le chocolat. En cas de doute sur un aliment, votre vétérinaire saura vous orienter.

 En cas de doute, votre vétérinaire saura répondre à vos questions.

Astuce utile

Visez deux à trois options “valeur sûre”, une friandise du quotidien et une récompense plus appétente à sortir quand l’exercice devient difficile.

“Mon chien va grossir !”

C’est une phrase très souvent entendue sur le terrain, au fil des années. Non, à condition d’être attentif aux quantités consommées et d’équilibrer l’apport calorique entre les récompenses et la ration quotidienne.

Si votre chien est suffisamment motivé par son alimentation, des croquettes prélevées sur la ration journalière peuvent tout à fait faire office de récompenses pour les commandes déjà acquises ou les situations aisées.

On pense micro-morceaux, pas gros biscuits. On peut récompenser souvent, mais avec des très petits volumes.

Pensez aussi à intégrer dans le calcul quotidien les occupations alimentaires comme la mastication, le tapis de léchage ou les jouets distributeurs.

La friandise éducative idéale

Petite et molle

Une friandise de petite dimension et plutôt molle, c’est souvent l’idéal. Elle se mâche vite, ce qui permet au chien de rester disponible et attentif.

Quand je récompense, je souhaite que mon chien avale rapidement pour se reconnecter immédiatement à l’exercice. Si un chien passe 30 secondes à mastiquer, vous imaginez tout ce qui peut se passer pendant ce laps de temps. Et si la friandise est dure et friable, il peut en plus passer du temps à ramasser les miettes, ce qui diminue la connexion.

En quantité suffisante, mais en micro-morceaux

Oui, on peut récompenser en quantité, parce que l’apprentissage a besoin de répétitions. Le plus important, c’est la taille des morceaux. Plus ils sont petits, plus vous pouvez récompenser souvent sans faire exploser l’apport calorique.

Plus l’exercice est difficile, plus la récompense doit monter en valeur

Dans un endroit calme, une friandise simple peut suffire. Quand la difficulté augmente, distractions, émotions, environnement, il est normal de devoir augmenter la valeur de la récompense.

C’est aussi pour cela qu’à l’adolescence, ou lors de certaines périodes de vie, il peut être nécessaire de réajuster les friandises utilisées.

Facilement accessible

Avoir la bonne friandise, c’est très bien. Encore faut-il qu’elle soit accessible rapidement donnée au bon moment.

L’idéal est de l’avoir dans une pochette à friandises, déjà prête, plutôt qu’au fond d’une poche ou d’un sac. La synchronisation garanti une grande partie de l’efficacité.

“Même avec la friandise, ça n’a pas fonctionné”

La friandise n’a un effet éducatif que si elle est donnée au bon moment, et souvent aidée par un marqueur vocale clair ou un clicker. Ce sont des compétences qui s’apprennent.

Donner des friandises n’éduque pas, ni les chiots ni les chiens adultes. L’utilisation de nourriture repose sur un processus éducatif basé sur le renforcement positif. Pour que cela fonctionne, il faut comprendre le principe et l’appliquer avec méthode, puis apprendre progressivement à réduire l’aide alimentaire quand le comportement est acquis.

Si “ça n’a pas fonctionné”, trois causes reviennent souvent :

  • La friandise n’était pas assez motivante pour le contexte

  • La difficulté était trop élevée, distance trop faible, distraction trop intense

  • La synchronisation n’était pas assez précise, ou il manquait un marqueur clair

Friandises industrielles recoupées en micro-morceaux

Résumons la friandise et son utilisation

Commencez par trouver la friandise que votre chien apprécie vraiment. Privilégiez des micro-morceaux, plutôt mous, faciles à avaler. Gardez la récompense accessible pour récompenser au bon moment. Et surtout, adaptez la valeur de la friandise à la difficulté, notamment à l’adolescence.

La gradation de la difficulté et la gestion de la fréquence de récompense sont des notions que vous apprendrez à maîtriser avec un éducateur canin professionnel.

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