Détresse acquise ?

Qu’est ce que la détresse acquise ?

Chez le chien la détresse acquise se manifeste, entre autres, par une immobilité et de la résignation. Un chien a de grandes capacités d’adaptation et sait gérer un bon nombre de situations dans sa vie aux côtés de l’être humain. Dans le cas de détresse acquise chez le chien, on parle de résilience. La résilience est la capacité à résister à un traumatisme émotionnel.

Je constate que beaucoup de propriétaires souhaitent que leur chien soit « sage ». Sous ce terme on imagine un chien calme, tranquille et posé. Le posé, devient rapidement un « couché immobile » chez certains éducateurs (avec un pied sur la laisse pour bloquer le chien). On impose au chien de rester dans une position totalement immobile en toutes circonstances. Le chien apprend que c’est la solution pour avoir « la paix ». La différence entre la coopération et la détresse acquise c’est que le chien devient apathique. Si l’on observe attentivement le chien, il présente des signes de stress. Ces signes peuvent se présenter sous des signaux d’apaisement classiques de communication canine mais aussi de signes plus personnels à chaque chien. 
Contrairement à ce que l’on imagine, la détresse acquise peut être provoquée sans coups et sans cris. La répétition multiple d’une demande de « coucher » peut provoquer de la détresse acquise. Le chien ne se rebelle plus mais son inconfort est total. Le maître lui, aura l’impression que le chien a compris l’ordre et l’accepte.
Un chien ayant des appréhensions vis à vis des humains (quelque soit la cause) mis au milieu d’une foule pourra rapidement sembler s’apaiser après des mouvements de panique. La détresse acquise s’installe comme protection car le chien n’a pas d’autre solution que de rester au milieu de cette foule. On ne l’a pas tapé, on n’a pas hurlé autour de lui. On l’a juste obligé à se mettre dans un mode de protection. Le résultat nous convient et l’on pense que le chien a compris que les humains ne doivent pas lui inspirer de la peur. La méthode respectueuse du bien être émotionnel du chien consisterait à un renforcement positif et une désensibilisation progressive. Concrètement, associer les humains à des interactions intéressantes pour le chien par le jeu, les caresses, les friandises. Cela prend plus de temps, mais l’on respecte alors vraiment le chien. Cet exemple de chien au milieu de la foule, peut être transposé, à un chien dit « agressif » envers ses congénères. On place alors le chien, que je qualifierais plus de réactif qu’agressif, en présence d’un autre chien. Le chien réactif, s’il est maintenu en présence d’un autre chien sans pouvoir entrer en contact avec lui, finira par « se calmer ». Faute de pouvoir interagir normalement avec son congénère, le chien réactif  entre en détresse acquise. De l’extérieur, si l’on ignore la notion de détresse acquise, la réaction du chien semble impressionnante.

La détresse acquise ressemble à de la résignation, mais va au-delà car le chien est réellement en stress. Les pathologies les plus connues et les plus visibles sont les plaies de léchages. Hélas, certains symptômes sont beaucoup moins visibles par les propriétaires.
Les chiens ont l’air à l’aise dans leur quotidien. En fait, les chiens compensent alors par des moments de décompression. Le stress quotidien est compensé par des phases de relâchement émotionnel. Le chien peut paraître excessivement joueur par exemple, il compense. Le jeu prend alors  une valeur anxiolytique.  

Quelle relation souhaitons-nous mettre en place avec notre chien ?

J’espère que ce texte permettra à un bon nombre de propriétaires de choisir des méthodes éducatives en accord avec leur vision du bien être qu’ils veulent apporter à leur chien.

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