Berger d’Asie Centrale

Les origines du Berger d’Asie Centrale

Les Bergers d’Asie Centrale font partie des races canines les plus anciennes. Leur région d’origine est immense, ce qui explique la multitude de types locaux. Les chiens les plus originels et les plus aptes au travail viennent d‘Afghanistan, du Tadjikistan et du Turkménistan.
Aujourd’hui la race dans sa forme originelle est en grand danger dû aux guerres, aux troubles politiques et à la perte des structures sociales et agricoles traditionnelles qui agitent leurs pays d’origine. Ailleurs le manque de sélection, des croisement incontrôlés et la consanguinité menacent leurs qualités génétiques, aussi bien physiques que psychiques.
La puissance et l’endurance physique, la force de caractère et la calme assurance, l’intelligence, la beauté rustique et tout particulièrement la longévité du Berger d’Asie Centrale Originel représentent une richesse génétique extraordinaire.

Le physique et les différents types du Berger d’Asie Centrale

Berger d'Asie Centrale
Type « Montagne »
Photo : © Ronald GULDENSCHUH

 

Comme pour beaucoup de races de chiens protecteurs de troupeau, on coupe traditionnellement les oreilles et la queue des Bergers d’Asie Centrale plus ou moins court, pour les protéger des blessures, car ces parties sont effectivement très exposés aux morsures lors de combats avec des prédateurs ou d’autres chiens.
La coupe des oreilles et de la queue est aujourd’hui interdite en Europe de l’ouest.
Non-coupés les chiens paraissent plus harmonieux, moins guerriers, leur expressivité en est augmentée et leur ressemblance avec les races européennes de chiens de montagne, leurs probables descendants, se remarque d’avantage.

Berger d'Asie Centrale
Type « Steppes »
Photo : © Ronald GULDENSCHUH

 

Bien que le standard ne prévoie pas de limite supérieure de la hauteur au garrot, l’expérience des éleveurs et cynologues russes, aussi bien que de l’élevage du Hornihof indiquent indiscutablement que les chiens dépassant nettement les 80 cm et les 70 kg tendent, dans la majorité des cas, à développer des problèmes physiques (comme c’est le cas dans pratiquement toutes les grandes races).
Les cynologues russes distinguent 10 types locaux et font la différence entre les têtes en forme de brique et les têtes du type cheval, mais mentionnent également des têtes d’ours et des têtes en forme de coin. Nous retrouvons donc ici aussi le manque d’homogénéité spécifique à la race.

 » Les types originels ont une croissance particulièrement lente, ce qui est compensé par leur longévité encore plus grande. « 

Les chiens de travail originels ne sont ni particulièrement grands ni exagérément lourds.
La durée de vie est, comparativement, grande à très grande chez tous les types. Même dans les dures conditions de vie en Afghanistan, ces archétypes de chiens peuvent atteindre 14 à 17 ans. Certains individus auraient même dépassé les vingt ans.

 

Le caractère du Berger d’Asie Centrale

Berger d'Asie Centrale
Berger d’Asie Centrale
Photo : © Petra MELLERT

 

Les Bergers d’Asie Centrale sont d’un tempérament remarquablement serein et équilibré. Envers leur famille ils sont très tendres et attachants, sans être collants. Ils n’aboient jamais sans raison et grâce à leur assurance prononcée ils gardent longtemps leur calme, même quand ils sont provoqués. Mais quand ils jugent que leur intervention est nécessaire, ils foncent sans avertir et avec une rapidité impressionnante.
Comme tous les chiens de troupeau, ils ne sont pas aveuglément obéissants. Ils n’acceptent les ordres de leurs maîtres que si une réelle affection les lie et leur font sentir régulièrement le service qu’ils rendent en obéissant.
Le chien doit, dès son plus jeune âge, être pris en main avec autorité et fermeté, mais également avec sensibilité et affection.
Il n’est pas recommandé d’enlever les chiots de cette race trop tôt à la compagnie de leurs parents et de leurs frères et soeurs, car c’est dans la meute qu’ils apprennent le mieux à respecter une hiérarchie et à se soumettre.
En aucun cas les Bergers d’Asie Centrale ne doivent être dressés pour attaquer. Leur instinct naturel de protection n’a pas besoin d’être renforcé et l’obéissance inconditionnelle demandée dans ce genre de dressage est contraire au caractère de cette race. Il en résulterait de constants et aigus conflits d’autorité qui pourraient mener à des confrontations dangereuses.

Les besoins du Berger d’Asie Centrale

Berger d'Asie Centrale : chien de troupeau
Troupeau de lamas et bergers de la Montagne Bleue
Photo : © Ronald GULDENSCHUH

 

Sans la possibilité de parcourir les vastes steppes et montagnes de leurs patries, les Bergers d’Asie Centrale ont besoin d’espace et d’exercice ainsi que d’un travail, si ce n’est pas comme protecteurs de troupeau, au moins en tant que gardiens d’un territoire qui corresponde à leur taille.
C’est en couple qu’ils sont le plus heureux, avec idéalement quelques animaux domestiques à protéger. Tout ce qui fait partie de la maison est rapidement reconnu et accepté, mais le chat du voisin est un prédateur qui envahit leur territoire. Il sera traité en conséquence.

Santé du Berger d’Asie Centrale

 » Comme pour tous les grands chiens, il faut être conscient du risque d’une torsion de l’estomac.

Bien que habitués, de par leur origine, à un régime maigre, une nourriture riche et équilibrée dans la phase de croissance de ces grands chiens est de la plus haute importance. A partir de 5 à 6 mois il faut néanmoins veiller à ne pas les suralimenter (particulièrement en protéines), afin d’éviter une croissance et une prise de poids trop rapides. Pendant cette période (jusqu’à environ 14 mois) il ne faut pas non plus leur faire faire des efforts trop soutenus.
Pour réduire ce risque il est recommandé de répartir la nourriture en deux repas quotidiens et d’éviter toute excitation après ces prises de nourriture.

Le Berger d’Asie Centrale : un chien de protection et d’avenir ?

Il semble probable que le besoin de chiens de protection fiables continuera à augmenter, d’une part, en raison du sentiment grandissant d’insécurité, de l’autre part, à cause de la réintroduction des grands prédateurs dans ce qui nous reste d’espaces sauvages. Cette dernière tendance, qui enrichit notre environnement naturel, pourrait être mieux acceptée par les éleveurs des régions concernées, s’ils disposaient de gardiens de troupeau efficaces.

Mise en garde

Dans tous les cas de figure la personne qui désire acquérir, ou qui possède un tel animal doit prendre conscience qu’il est un excellent gardien. Ce qui lui impose d’évaluer ses besoins et ses capacités à en assumer les conséquences: le temps nécessaire pour éduquer le chien, pour surmonter des crises d’autorité pendant la puberté, la construction de clôtures, un travail d’information vis à vis des voisins et des membres de la famille etc. Sans cette disponibilité, l’acquisition d’un berger d’Asie Centrale est à déconseiller.

 

Chiots de BergerLes chiots de la Montagne Bleue *
© Petra MELLERT

Textes : © Ronald GULDENSCHUH
Photographies :

  • © Ronald GULDENSCHUH
  • © Petra MELLERT

Les Chiens du Pamir de la Montagne Bleue
Ronald Guldenschuh et Petra Mellert
Hornihof
68480 Kiffis – France
Tel : + 33 (0)3 89 40 33 60
www.chiens-du-pamir.fr

 

* De la Montagne Bleue

« La Montagne Bleue » ou « Montindigo » ne sont pas des affixes FCI officiels. Les éleveurs à affixe s’engagent à ne pas produire de portées sans papiers LOF (livre des origines français). Bien que nous nous éfforcions autant que possible de suivre les conditions des associations et fédérations d’éleveurs et que nous respections leurs intentions, nous nous réservons le droit de produire des portées expérimentales avec des parents non confirmés.
La situation dans laquelle se trouvent les Bergers d’Asie Centrale n’est pas comparable à celle des races plus courantes. Les chiens importés des pays d’origine n’ont, en général, pas de papiers et en dépit du fait que “le livre des origines” demeure, par chance, ouvert, ce qui, par conséquent, leur permet de se voir confirmés à titre initial, les animaux importés sont jugés selon des critères qui parfois placent des défauts mineurs avant des qualités extraordinaires. Si nos portées expérimentales produisent les résultats espérés, la prochaine génération sera confirmée.

Berger d’Anatolie

Les origines du Berger d’Anatolie

Le Berger d’Anatolie, à l’instar des autres variétés molossoïdes de protection de troupeaux de différents pays eurasiatiques, est une fraction d’une population canine beaucoup plus vaste, qui jadis s’échangeait des gènes par le biais des grandes transhumances formant sur des milliers de kilomètres un continuum quasi ininterrompu. Cette population, du fait de l’évolution des pratiques pastorales, s’est ensuite fragmentée en isolats géographiques, ces cheptels dérivant cependant assez peu l’un de l’autre, ancrés sur leur sélection utilitaire commune ; voilà pourquoi les chiens de protection de troupeaux arborent grosso modo le même phénotype, de l’Asie Centrale à l’extrémité de la péninsule ibérique.
A l’égard de ce phénomène fondateur, le fait de savoir si les Turcs, en arrivant en Anatolie au Moyen-Age, y ont importé leurs propres souches, n’est pas un problème historique crucial, même si l’hypothèse est tout à fait probable. Nul doute qu’avant leur arrivée, des chiens de protection de troupeaux étaient de toute manière déjà en fonction dans ces contrées. L’Asie mineure et la Mésopotamie sont le lieu d’émergence du morphotype molossoïde (pour le moins au Vè millénaire avant J.C), dont la spécialisation fonctionnelle et anatomique correspond à l’usage de protection des troupeaux et des biens.

Berger d'Anatolie
Varlik Kisham des Shumagins
Photo : © Sophie LICARI

Dans l’ensemble des contrées rurales d’Anatolie, le Berger d’Anatolie est encore une variété canine ancestrale, à un stade où se trouvait par exemple les chiens de berger européens il y a plus d’un siècle, avant la naissance de la cynophilie moderne. Cette situation est particulièrement précieuse par rapport à la préservation de la fonctionnalité. En Turquie, la population canine de travail n’est pas séparée par des barrières reproductives étanches ; le chien de protection de troupeau y possède un morphotype et une fonction homogènes, mais diverses caractéristiques secondaires en terme de couleurs ou de longueurs de poil, caractéristiques qui n’ont jamais fait l’objet d’un souci sélectif majeur pour les chiens de travail.
Les Anglais ont introduit la race en Europe dans les années 1960. Reconnue par la Fédération Cynologique Internationale, elle est sous sa tutelle directe. L’élevage français a démarré à la fin des années 1980, avec des sujets anglais et d’autres importés directement de Turquie. Elle est encore rare en France, mais s’implante peu à peu dans nos alpages ainsi que dans nos DOM-TOM pour la protection des troupeaux face aux loups ou aux chiens errants.

Le standard

Le Berger d’Anatolie est un très grand chien : de 74 à 81 cm au garrot pour le mâle, 71 à 79 cm pour la femelle. Mais il ne doit arborer aucune lourdeur excessive.

« Puissant mais élancé, il arbore un bel équilibre qui lui permet d’être le plus athlétique de tous les molossoïdes de protection de troupeaux. »

Les membres à l’ossature robuste sont longs, la poitrine très profonde mais pas trop large, le ventre relevé, l’encolure dégagée ornée d’un léger fanon de peau lâche, la queue enroulée.

La tête doit présenter des traits molossoïdes, mais assez peu accusés; quelques critères de type sont importants : crâne et chanfrein larges mais sans excès, de même longueur, bien rectangulaires, placés sur des lignes parallèles et séparés par un stop peu accusé; oreilles tombantes implantées au niveau de la ligne de l’œil, plaquées sur les joues, plutôt petites par rapport au volume de la tête (en Turquie, les chiens de travail sont souvent essorillés au ras du crâne); yeux en amande, avec paupières serrées.

Berger d'Anatolie
Sokar Ourto des Shumagins,
mâle Berger d’Anatolie
Photo : © Sophie LICARI

Le standard reflète la variabilité naturelle du cheptel de travail turc, et certaines caractéristiques secondaires comptent peu; par exemple, l’absence ou la présence d’ergots postérieurs n’est pas un critère racial.

Le poil court, plus rarement mi-long, bien fourni de sous-poil en hiver mais beaucoup moins touffu en été, lui permet de supporter aisément tous les climats.

La couleur la plus fréquente, génétiquement dominante, est le sable, clair ou un peu plus roux, avec masque et oreilles noirs; on rencontre aussi le sable charbonnée, le pie (robe panachée de blanc), le blanc-crème sans masque, le bringé.

Le caractère et la fonctionnalité

Le Berger d’Anatolie est un chien de protection des troupeaux; il surveille les ovins et les bovins et les garde contre les prédateurs divers.
Son rôle est de demeurer en permanence auprès des bêtes, et de dissuader les menaces éventuelles de pénétrer dans le périmètre de sécurité formé par une clôture ou à défaut par la propre évaluation du chien; seulement si nécessaire, il affrontera directement le prédateur. Cet atavisme est très puissant, et le discernement avec lequel il l’exerce est remarquable : impitoyable envers les animaux sauvages susceptibles de s’attaquer au bétail, vis-à-vis de l’humain il se contente d’intimider pour empêcher un inconnu de pénétrer sur son territoire en l’absence de ses maîtres ou bien si ces derniers ne l’accueillent pas eux-mêmes.

Berger d'Anatolie
Chien de garde de troupeaux
Photo : © Sophie LICARI

C’est donc aussi un excellent chien de garde et de famille.
Franc, constant, très équilibré, il a un caractère affirmé nécessitant que le chiot soit bien cadré tout jeune, mais l’apprentissage de sa place hiérarchique ne fait aucune difficulté et n’est pas remise en question une fois inculquée.

Au niveau obéissance, il n’est pas hyper-malléable comme un chien de conduite de troupeau, mais plutôt souple et précoce pour un molosse. Avec une éducation classique, correctement menée, il montre d’excellentes qualités comportementales, doux avec les enfants, docile et affectueux envers ses maîtres sans être collant.

Calme si rien ne le sollicite, il n’est cependant pas lymphatique et se montre très rapide s’il doit passer à l’action. Un maître sportif peut s’en faire accompagner en toutes circonstances, jogging, randonnée, vélo, promenade à cheval. Un terrain, dont la taille importe assez peu, où exercer ses talents de protecteurs, est indispensable à son équilibre. Il aboie dans le cadre exclusif de sa fonction protectrice. Il s’entend bien avec ses congénères; deux mâles peuvent même cohabiter s’il n’y a pas de femelle auprès d’eux. A l’extérieur du territoire, il se montrera paisible s’il a été soigneusement sociabilisé.

L’entretien et la santé

Berger d'Anatolie
Sokar Ourto des Shumagins, berger d’Anatolie de couleur sable
Photo : © Sophie LICARI

Le poil s’entretient très simplement, avec un coup de brosse de temps à autre, plus fréquent lors des deux mues saisonnière annuelles, seules périodes où le Berger d’Anatolie perd son poil.

La croissance est longue; le poids et l’apparence définitives ne sont pas atteints avant trois, voire quatre ans.

L’alimentation ménagère ou les croquettes industrielles conviennent.

C’est une race rustique. Elle n’a pas de fragilité digestive, pas de propension particulière à la torsion d’estomac, ni aux allergies, ni aux pathologies cardiaques ou oculaires. Comme chez la majorité des grandes et moyennes races, la dysplasie des hanches se dépiste par examen radiologique des reproducteurs.

La longévité est d’une douzaine d’années.

A noter

Le nom traditionnel de la race en Turquie est simplement « çoban köpegi » (chien de berger); le sable masque noir est aussi surnommé « karabach » (tête noire). Depuis quelque temps, le surnom de « kangal » est aussi employé, du nom d’une ville et d’un district d’Anatolie centrale, mais il ne s’agit en aucun cas d’une race différente.

La Turquie ne tient pas de livre d’origines officiel et n’est pas reliée à la Fédération Cynologique Internationale.
Les éventuels nouveaux reproducteurs importés du pays d’origine doivent donc faire l’objet d’une confirmation au LOF à titre initial pour intégrer les lignées reproductrices françaises. La race est présente, bien qu’en petits effectifs, dans de nombreux pays cynophiles.

Le Berger d’Anatolie est aussi bon compagnon que bon gardien et efficace chien de travail; mais ces qualités, à l’instar des autres fonctions confiées à l’espèce canine, n’ont pas été obtenues une fois pour toutes. Elles doivent faire l’objet à chaque génération d’une sélection rigoureuse sur la typicité du caractère et de la fonctionnalité. La démarche qualitative de l’éleveur est en ce sens particulièrement importante. C’est parce que le Berger d’Anatolie est un chien de travail qu’il peut être aussi un compagnon à l’exemplaire équilibre mental. Une mise en fonction réussie lorsqu’il s’agit d’un sujet de troupeau, une bonne éducation pour un sujet de famille et de garde, sont aussi des facteurs essentiels de satisfaction.

Chiots Berger d'AnatolieChiot femelle des Shumagins
© Sophie LICARI

Textes : © Sophie LICARI
Photographies :

  • © Sophie LICARI

Elevage amateur des Shumagins
Sophie LICARI SophieLicari@aol.com
Tel : + 33 (0)2.31.68.43.51
http://www.bergerdanatolie.com

SophieLicari@aol.com

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